Histoire de TEVA I UTA

 

La pointe TEHORO












A Mairipehe se trouve un cap dont les flancs abrupts s’effritent et tombent dans la mer. On l’appelle de ce fait Tehoro (glissement de terrain). Dans les temps anciens la guerre était attendue lorsque des blocs de terre se détachaient ; s’ils se détachaient du côté de Papara, les hostilités allaient venir de cette localité ; elles viendraient de Taiarapu si le glissement se produisait sur l’autre versant.


Mataiea  Vai Uriri











Mataiea, d’hier

La légende raconte que Teva ou Teua (pluie), fils de Hotutu de Vaiari (ancien nom de Papeari) et Vairimatauho’e de Raiatea, a eu huit enfants, dont Mataiea qui régnait sur Vaiuriri (ancien nom de Mataiea). Pour gouverner en toute quiétude sur ce large territoire, Teva réunit ses enfants pour former une fédération : Te api nui o Teva. Par la suite, Teva i uta et Teva i tai sont composés, il s’agit des Na Teva e vau .

Mataiea fait partie intégrante de Teva i uta avec Papara, Vaiari iti et Vaiari nui. Elle est située entre Atimaono et Vaiari, délimitée par les terres de Pa mati à l’ouest et Teruamo’o à l’est. Sa montagne est Tetufera (ou Pou rahi o Teva) et ses deux passes sont Aifa et Rautirare. Sa rivière principale est Vaihiria, avec son grand lac en amont.


L’appellation Vai uriri

<< O Vai uriri nui a tere i aoha >> c’est le grand Vai uriri qui bougea avec splendeur. Cet extrait d’un chant du district présente Mataiea. Vai uriri ou pape uriri est aussi un toponyme que l’on localise sur la partie gauche de la pointe Oti’aroa. Le vai uriri est un oiseau (pluvier gris) qui habite en bord de rivières, il est l’émanation des dieux de l’eau. Il semblerait que ces oiseaux se rassemblaient non loin de l’embouchure de la Vaihiria, ce qui expliquerait le toponyme. Lorsque le chant du uriri se faisait entendre, les habitants de Mataiea savaient qu’une nouvelle leur parviendrait rapidemen t.

Mataiea 

L’expression même mata i te e’a signifie « regarde le chemin » ou « évite le chemin ». Elle remonterait au début du 19è siècle et il s’agirait de propos adressés au clan des Pomare qui voulait dominer sur tous les territoires de la Polynésie. Ce qu’il faut savoir, c’est que le lieu où les Pomare posaient leurs pieds devenait leur propriété.

Ainsi le chef de Mataiea refusait l’entrée d’un monarque Pomare sur ses terres en lui disant « Vois le chemin et évite le ». Il avait placé des guerriers à chaque limite (Est et Ouest) pour empêcher toute intrusion de roi étranger. Ces guerriers étaient préparés sur la place de Mairipehe. Ainsi, arrivé aux limites de Mataiea, le clan des Pomare devait poursuivre leur chemin par la mer et aucun d'eux n'a ainsi foulé le sol du fief de Tetuaairoro.

Mataiea était réputée pour sa prospérité, l’anguille royale du lac Vaihiria étant, selon les récits anciens, la clé de cette richesse.


Mataiea au 19ème siècle

Au milieu du XIXème siècle, Mataiea voit des missionnaires catholiques s’installer sur Mairipehe. Sous l’égide du père Armand Chausson, la construction de l’église Saint Jean-Baptiste de Mataiea débute en 1857. Il s’agit de la première église en pierre du fenua. Monseigneur Jaussen y fit construire une mission sur le côté montagne dans laquelle il résidera quelque temps.

Un certain Paul Gauguin séjournera 18 mois à Mataiea, d’octobre 1891 à mai 1893 avec une jeune Tahitienne, Teha’amana. Gauguin peindra quelques toiles qui décriront son état de bien être à Mataiea dont Arearea, Iaorana Maria et Nafea faaipoipo.

Deux britanniques, Rupert Brooke en 1914 et Somerset Maugham en 1916 entameront les mêmes démarches que Victor Segalen dix ans plus tôt, venu sur les traces de Gauguin. Le premier s’installera à Mataiea en bordure de montagne à Mairipehe, le second rédigera son « Moon and sixpence », qui relate la vie de Paul Gauguin sous la forme d’un écrivain épris des îles polynésiennes.

Source : Tahiti Heritage – Joany Hapaitahaa, historienne.

Harrison  SMITH ,

créateur du jardin botanique à Tahiti


Harrison Willard Smith  est né le 29 Décembre 1872 à Boston (Massachusetts), la ville aristocratique par excellence des États Unis . Il y a parfois des choses surprenantes dans cette grande démocratie qui elle aussi, a son sang bleu. Il provenait d’un milieu très puritain et fut strictement élevé dans cette voie. Cependant le pétrole ayant été découvert à la fin du siècle dans une propriété paternelle, ceçi lui assurera une certaine aisance lui permettant l’indépendance.


Les études à Haward

Accomplissant ses études à l’Université de Harvard  il fut remarqué en raison de ses aptitudes pour les mathématiques et la physique. Après avoir passé une licence de Sciences physiques, il prépara l’équivalent de l’agrégation qu’il passait avec succès et se trouvait professeur adjoint chargé des cours de physique au M.I.T. (Massachusetts Institut of Technology). Il devait cependant, avant de se consacrer à l’enseignement, profiter de sa situation de fortune pour accomplir un tour du monde qui devait l’amener en 1903 justement à Tahiti. Il en conservera un souvenir qui devait contribuer à le ramener plus tard ici

La guerre en France

Entre temps, il avait commencé à professer au M.I.T. lorsque la première guerre éclatait. Il y avait dans Harrison Smith un mélange d’idéologie, de froid puritanisme en même temps que d’enthousiasme juvénile. Harrison Smith était de ces Américains qui devaient s'engager du côté allié  avant l’intervention des Etats Unis, comme Charles Nordoff et Norman Hall dans l’escadrille La Fayette. Mais pour lui, pacifiste sincère, ayant horreur de verser le sang, même pour une juste cause, il se fera ambulancier, conduisant sa propre auto d’ambulance en 1916 – 1917, une Ford modèle T à pédale, du même modèle que celle qu’il avait ici à Tahiti.

Le jardin botanique de Papeari

La guerre terminée, il ne pense pas poursuivre une carrière universitaire et démissionne pour revenir en 1919 à Tahiti. Toujours épris de flore tropicale il va constituer ce domaine de Motu Ovini en rachetant peu à peu différentes petites propriétés. Et maintenant, il va non seulement s’adonner à son violon d’Indre : La botanique, mais dans un but plus pratique et c’est là le côté altruiste de son caractère, tâcher par des transplantations d’améliorer la vie des Tahitiens. A ce point de vue Tahiti lui doit beaucoup. Aujourd’hui, grâce à Harrison Smith, Tahiti possède, après beaucoup de tribulations qui faillirent mettre en péril cette merveille, un des plus beaux jardins botaniques du Pacifique. Car, pour créer un jardin bptanique il ne suffit pas d’avoir les moyens financiers pour le réaliser, il faut surtout beaucoup de soins et beaucoup de temps : entre vingt et trente ans. Tous ces travaux n’empêchaient pas Harrison Smith de faire le bien autour de lui.


Inhumé au dessus du jardin botanique

Il devait décéder le 3 Janvier 1947 après une longue et cruelle maladie. Malgré que ses amis de Papeari lui aient préparé un tombeau dans l’enceinte du temple, il fut selon ses dernières volontés inhumé sur le flanc de la montagne (photo 5) d’où l’on découvre ce magnifique jardin qui fut sa réalisation et son but. Aimant la science comme il aimait son prochain, voilà comment on pourrait résumer en deux mots cette vie admirable qui pourrait être donnée en exemple.

Source : Tahiti Heritage – Archives de l’association Harrison Smith et du Musée Norman Hall de Arue.

Tortue  de Galapagos











Les deux tortues du jardin botanique font partie des plus grosses tortues vivantes. Elles pèsent chacune environ 200 kilos, mesurent 1,50 m et se déplacent à 3 km/h. Elles sont originaires des îles Galapagos, dont le nom qui signifie « tortue » en espagnol a été donné par les explorateurs espagnols en raison des nombreuses tortues qui habitaient l’île. Ce sont des herbivores qui se nourrissent de feuillage, d’herbes et de fruits. Elles sont dotées d’un très bon odorat et sentent toute leur nourriture avant de la manger.


Histoire des tortues du jardin botanique

Les tortues du jardin botanique furent offertes à un yachtman américain Charles Nordhoff en 1928 par le gouverneur de Pennsylvanie Pinchot, un ami de Roosevelt, qui séjournait aux îles Galapagos. Il les transporta jusqu’à Tahiti sur son superbe yacht et en fit cadeau à ses enfants. Lorsqu’il quitta la Polynésie en 1938, les tortues furent confiées aux bons soins du musée de Tahiti qui se trouvait à l’époque à l’emplacement de l’hôpital de Mamao.

En 1965 lors d’un incendie, les tortues s’échappèrent dans la montagne et l’une fût retrouvée dans la propriété Bambridge sur les hauteurs de Pirae. Lors de la construction de l’hôpital, le musée avec ses tii et ses tortues fut transféré à Papeari.

Les deux tortues, un mâle et une femelle, sont d’espèces différentes. La carapace de l’une est plus bombée que l’autre. Elles s’accouplent régulièrement, mais aucun œuf n’a été pondu.
Source : Tahiti Heritage


Mataiea,  son histoire











Section de commune de Teva I Uta, cet ancien district portait autrefois le nom de Papeuriri ou de Vaiuriri et qui signifie, selon les prononciations, vent bienfaisant, vent étrange, ou chemin de vent.

Par ailleurs, Mataiea vient d'une expression "mata i te e'a" qui signifie " regarde le chemin" ou "évite le chemin".

Il est possible de compter au moins quatre grandes villes fluviales s'ouvrant dans la montagne de Mataiea. Celle de Mairipehe, de Vaitunamea, de Vairaharaha et de Vaihiria et qui débouchent sur une plaine alluviale dont la largeur atteint parfois 1500 mètres. Par ailleurs, Mataiea possède la plus vieille église catholique, contruite en basalte en 1857.

Source : Te vevo no Teva I Uta – Numéro 1 – Décembre 2003


Papeari,  son histoire











Papeari ou Vaiari (eau profonde). Ancien district de Tahiti et secion de la commune de Teva I Uta. Le relief est constitué d'un réseau serré de vallées profondes séparées par des crêtes orientées nord-sud. Les rivières Vaite, Vaipoo,  Paui et Afeu ont construit une plaine alluvionnaire qui atteint près d'un kilomètre de largeur.

La légende affirme que les premiers immigrants polynésiens débarquèrent à Papeari : Ils venaient de Raiatea et apportaient la première pierre de fondation d'un marae. D'après Ari'itaimai, le nom de Tahiti était celui de cet ancien marae.

Source : Te vevo no Teva I Uta – Numéro 1 – Décembre 2003